Economie et utilisation de l'eau de pluie sans perte de confort

Réduction de la consommation

Les habitants de l'éco-quartier ont une consommation réduite de moitié par rapport à la moyenne danoise.
Les toilettes sèches à elles seules apportent une réduction de 30 l/jour/pers. ==> EST CE QUE CA A ETE A NOUVEAU CALCULE ? CAR ETANT DONNE QU'IL N'Y A PLUS DE TOILETTES SECHES, LA MOYENNE A DU AUGMENTER...
Mais la réduction porte aussi sur les autres postes. L'utilisation systématique de réducteur de consommation aux robinets y participe, ainsi que, bien sûr, un comportement plus ou moins conscient. On observe d'ailleurs de grandes différences de consommation d'une famille à l'autre ce qui démontre que le comportement à lui seul permet de réduire la consommation de 40 %.

Laverie commune

L'utilisation de machines à laver communes permet d'investir dans du matériel professionnel, plus robuste et plus performant pour économiser de l'eau et de la lessive. Les machines sont raccordées aux citernes d'eau de pluie. Le cadran supérieur permet de connaître le niveau d'eau.

La collecte de l'eau de pluie est gérée par l'un des groupes d'habitations.

Avantages de la récupération de l'eau de pluie

Au contraire de nos eaux de source, l'eau de pluie est douce et non calcaire. Nous réduisons ainsi notre consommation de lessive de 50 %, une économie non négligeable, mais aussi une moindre charge de pollution pour les stations d'épuration, qui, souvent, ne peuvent pas nettoyer les polluants contenus dedans, et qui finiront donc dans la nature.

Citernes de récupération

Dans l'écovillage, nous utilisons des citernes enterrées en béton pour la récupération des eaux de pluie.

Est-ce rentable?

Cela dépend de la commune. A Aarhus, la ville a choisi de ne pas nous affranchir de la taxe sur les eaux usées. Pour l'écovillage, la récupération des eaux n'est donc pas rentable. Nous avons néanmoins choisi de le réaliser pour les avantages environnementaux que le système apporte.

Expérimentation de gestion des eaux usées

Une forêt de saules utilise l’urine d’une vingtaine de maisons comme engrais et, coupée tous les trois ans, se transforme en plaquettes de bois pour la chaufferie du village, qui bientôt produira aussi de l‘électricité en cogénération.

Le premier groupe porteur de ce projet d’écovillage a réalisé les constructions vers 1990/1991 en se fixant des objectifs sur la construction écologique (matériaux de construction, bâtiments à basse consommation énergétique, récupération d’eaux de pluie, assainissement écologique…). Pour l’assainissement, les installations ont été réaliser pour récupérer les matières fécales, pensant que celles-ci étaient les plus fertilisantes. Les urines déviées étaient alors évacuées avec les eaux grises au réseau d’assainissement communal. L’utilisation des toilettes sèches pendant quinze ans n’a pas donné satisfaction :

  • problèmes de conception favorisant des dégagements d’odeurs, le développement de moucherons…,
  • impossibilité d’utiliser les matières en engrais sur les parcelles de céréables certifiées bio, les excréments humains ont été exclus de la liste des fertilisants autorisés en agriculture biologique par une directive européenne en 1991 (EEC N°2092/91 du 24 juin 1991),
  • écartement insuffisant pour une coupe mécanisée de la plantation de saules destinés à alimenter la chaudière à copeaux de bois, la saulaie recevant l’épandage des matières fécales et des urines. La coupe manuelle est chronophage et les copeaux doivent être séchés pour être utilisés dans la chaudière.


Le manque de connaissances techniques n’ont pas permis de réaliser les bonnes conceptions sur plusieurs maillons de la chaîne. Étant raccordées au réseau d’assainissement communal, les habitations ont modifié leurs toilettes pour désormais utiliser des systèmes avec chasse d’eau à faible consommation.

Le troisième groupe, qui a débuté son projet en 1994/1995, a souhaité être autonome dans la gestion des eaux usées et ne s’est pas raccordé au réseau d’assainissement communal. Les habitations sont équipées de toilettes à séparation des urines et des fécales avec compostage des fécales. Le traitement de ces dernières est réalisé par le biais d’une cuve de décantation vidangée annuellement. Les eaux décantées sont réparties sur une saulaie étanche qui par évapotranspiration assure l’élimination des eaux. Un tiers de la saulaie est fauchée annuellement et des analyses bactériologiques sont réalisées tous les ans. Les urines, collectées séparément, sont stockées dans une cuve.


Les limites du système en place :

  • problèmes de fonctionnement des toilettes à compost (odeurs, mouches…),
  • manutention de la cuve à compost située au sous-sol des maisons,
  • fréquence de vidange tous les 6 mois,
  • usage du compost sur un terrain non utilisé car pas de fertilisants d’excréments d’origine humaine sur des parcelles certifiées en agriculture biologique,
  • multiplicité des réseaux d’assainissement (eaux grises, urines, eaux pluviales) et observation d’entrée d’eaux pluviales dans le système de collecte des urines,
  • étanchéité de la saulaie (vieillissement de la bâche et risque de perforation par les racines après plus de 15 ans d’utilisation).

 

Cette expérience a fait émerger plusieurs problématiques et dysfonctionnements. Le recul insuffisant lors de l’élaboration des projets a conduit à des choix parfois inadéquates. On peut aussi évoquer le frein culturel à gérer des excréments déchets humains pour soi-même et pour d’autres même pour des personnes très convaincues dans l’écologie. Cependant, l’expérience de l’écovillage de Hjortshøj a permis une application concrète des procédés de l’assainissement écologique et de mettre en évidence les voies d’amélioration qui restent toujours à faire.